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I.​ Introduction

Le conventionnalisme est un concept transdisciplinaire qui recouvre les domaines de la philosophie, du droit, de la sociologie, de la morale et de la politique, mettant en avant la notion de convention.​

Il s’agit d’une approche qui privilégie la construction collective des règles et des normes, définissant ainsi les fondements de notre organisation sociale et politique.​

Présentation du concept de conventionnalisme

Le conventionnalisme peut être défini comme une démarche qui met en avant l’idée que les règles, les normes et les institutions sociales sont créées par des conventions, c’est-à-dire par des accords explicites ou implicites entre les individus.​

Cette approche se distingue ainsi du relativisme, qui nie l’existence de vérités objectives, et de l’objectivité, qui prétend fonder les règles sur des principes universels et immuables.​

Le conventionnalisme prend en compte la subjectivité des acteurs sociaux, qui ont des intérêts, des valeurs et des croyances différentes, et qui doivent trouver un compromis pour vivre ensemble.​

Cette perspective permet de comprendre comment les sociétés créent et modifient leurs propres règles, et comment les individus s’y adaptent et les contestent.​

II.​ Le conventionnalisme philosophique

Le conventionnalisme philosophique étudie la nature des règles et des normes qui gouvernent notre vie sociale, en mettant en avant leur caractère conventionnel et non naturel.​

Les racines du conventionnalisme dans la philosophie antique

Les racines du conventionnalisme remontent à la philosophie antique, où les penseurs grecs et romains ont déjà réfléchi à la nature des lois et des institutions.​

Les Sophistes, tels que Protagoras et Gorgias, ont mis en avant l’idée que les lois et les normes sont créées par les hommes, et varient donc en fonction des cultures et des époques.​

Cette idée a été reprise par les Stoïciens, qui ont développé une théorie de la loi naturelle fondée sur la raison et la nature humaine.​

Cependant, c’est avec les Épicuriens que le conventionnalisme prend vraiment forme, avec l’idée que les lois et les institutions sont des conventions établies pour garantir la paix et la sécurité.

Ces penseurs antiques ont donc jeté les bases d’une réflexion sur la nature conventionnelle des règles et des normes qui gouvernent notre vie sociale.​

Le conventionnalisme moderne ⁚ David Hume et son héritage

Le conventionnalisme moderne prend racine dans la philosophie de David Hume, qui a développé une théorie de la convention comme fondement des institutions et des normes sociales.​

Hume argue que les règles et les normes ne sont pas basées sur la raison ou la nature, mais sur les conventions et les habitudes.​

Son héritage a influencé de nombreux penseurs, notamment les philosophes du langage et de la société, tels que Friedrich Nietzsche et Émile Durkheim.​

Ils ont développé l’idée que les conventions sociales et les normes morales sont créées par les interactions humaines et les pratiques collectives.

Cette perspective conventionnaliste a également inspiré les théoriciens du droit et de la politique, qui ont souligné l’importance des accords et des compromis dans la formation des institutions et des régimes politiques.​

III.​ Le conventionnalisme juridique

Le conventionnalisme juridique explore la nature des règles et des normes juridiques comme des constructions sociales et conventionnelles, plutôt que comme des principes objectifs et universels.​

Le positivisme juridique et la normativité

Le positivisme juridique, représenté par des auteurs tels que John Austin et Hans Kelsen, postule que le droit est une construction humaine, créée par l’État, et que sa validité repose sur sa source, à savoir la volonté du législateur.​

Cette approche se distingue nettement du droit naturel, qui considère que le droit est fondé sur des principes universels et objective.

Le positivisme juridique met en avant la normativité, c’est-à-dire la capacité du droit à créer des normes et des règles qui régissent le comportement des individus.​

Cependant, cette approche soulève des questions relatives à la légitimité et à la justification de ces normes, ainsi qu’à leur rapport avec les valeurs morales et éthiques.​

Le conventionnalisme juridique propose une réponse à ces questions en soulignant l’importance de la convention et de l’accord collectif dans la création et l’application du droit.​

L’opposition entre droit naturel et positivisme juridique

L’opposition entre le droit naturel et le positivisme juridique constitue un débat central en philosophie du droit.​

Le droit naturel, défendu par des auteurs tels que Thomas d’Aquin et John Locke, postule que le droit est fondé sur des principes universels et objectifs, antérieurs à tout système juridique positif.​

Ces principes sont considérés comme étant de nature divine ou rationnelle, et donc supra-législatifs.

À l’inverse, le positivisme juridique nie l’existence de ces principes et considère que le droit est créé par l’homme, à travers les lois et les institutions.

Cette opposition met en jeu les notions de normativité, d’objectivité et de relativisme, ainsi que la question de la source de la légitimité du droit.​

Le conventionnalisme juridique propose une voie médiane, en soulignant l’importance de la convention et de l’accord collectif dans la création et l’application du droit.

IV.​ Le conventionnalisme social et moral

Le conventionnalisme social et moral explore les fondements de la vie en société et de la moralité, en mettant en avant l’importance des conventions et des accords collectifs.​

La théorie du contrat social et le contractualisme

La théorie du contrat social, développée par des philosophes tels que Thomas Hobbes, John Locke et Jean-Jacques Rousseau, pose que l’ordre social est fondé sur un accord volontaire entre les individus.​

Ce contrat implique que les parties concernées renoncent à certaines libertés en échange de la protection et de la sécurité offertes par l’État.​

Le contractualisme, qui en découle, est une approche qui considère que les normes et les institutions sociales sont légitimes uniquement si elles sont fondées sur le consentement des individus.​

Cette perspective met en avant l’idée que les valeurs morales et les principes éthiques doivent être définis par les citoyens eux-mêmes, plutôt que par une autorité supérieure.​

Ainsi, le contractualisme social offre une base solide pour comprendre les fondements de la vie en société et de la moralité.​

Les valeurs morales et l’éthique appliquée

Dans le cadre du conventionnalisme social et moral, les valeurs morales sont considérées comme des constructions collectives, résultant d’un accord entre les membres de la société.​

Ces valeurs morales servent de base à l’éthique appliquée, qui vise à résoudre les problèmes concrets de la vie quotidienne.​

L’éthique appliquée se caractérise par une approche pragmatique et contextualisée, qui prend en compte les spécificités de chaque situation.

Elle permet ainsi de définir des principes et des normes éthiques adaptés aux besoins et aux attentes de la société.​

En fin de compte, l’éthique appliquée contribue à promouvoir la justice sociale et à améliorer la qualité de vie des individus, en leur offrant un cadre de référence pour leurs choix et leurs actions.​

V.​ Le conventionnalisme politique

Le conventionnalisme politique explore les fondements et les implications du contrat social sur la gouvernance et l’organisation politique de la société.

La justice sociale et le rôle de l’État

Dans le contexte du conventionnalisme politique, la justice sociale est considérée comme un objectif central de l’action publique.​

Les théoriciens du contrat social, tels que Rousseau et Rawls, ont mis en avant l’idée que l’État doit garantir une distribution équitable des ressources et des opportunités, afin de promouvoir la justice sociale.​

Cela implique que l’État doit jouer un rôle actif dans la régulation de la société, en établissant des normes et des institutions qui favorisent l’égalité et la justice.​

Le conventionnalisme politique propose ainsi une vision de la justice sociale comme un compromis entre les intérêts individuels et les besoins collectifs, où l’État joue un rôle de médiateur et de garant.​

Cette approche soulève des questions fondamentales sur la nature de la justice sociale et le rôle de l’État dans la promotion de l’égalité et de la justice.​

6 thoughts on “Conventionnalisme : philosophique, juridique, social, moral, politique”
  1. Je suis impressionné par la profondeur avec laquelle vous avez abordé le concept de conventionnalisme dans cet article. Votre définition claire et concise m

  2. Je suis impressionné par votre capacité à rendre accessible un sujet aussi complexe que le conventionnalisme philosophique aux lecteurs non-spécialistes.

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